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jeudi 10 juin 2010

Comprendre l'ennemi.

Comprendre l’ennemi.

L’ennemi extérieur

C'est l’histoire d’une jeune fille qui décida de monter jusqu’au sommet d’une montagne pour rendre visite à sa grand-mère. Il pleuvait des cordes, un vent froid soufflait, le tonnerre éclatait à chaque seconde.
Alors qu’elle était presque arrivée à destination, elle sentit quelque chose effleurer ses pieds. Baissant les yeux, elle vit que c’était un serpent.
« Je suis en train de mourir, dit le serpent. Il fait très froid, il n’y a rien à manger sur cette montagne, je t’en prie, protège-moi ! Mets-moi sous ton manteau, sauve mon âme, et je serai ton meilleur ami. »
Malgré la tempête, la petite s’arrêta et commença à réfléchir. Elle regarda la peau dorée et verte du serpent, et elle se dit qu’elle n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Elle pensa qu’elle rendrait jalouses ses camarades de classe quand elle arriverait avec un serpent qui la défendrait contre tout. Enfin elle dit :
« C’est bien. Je vais te sauver, parce que tous les êtres vivants méritent de la tendresse. »
Le serpent devint l’ami de la petite, lui servit à effrayer les personnes agressives au collège, lui tint compagnie les jours de solitude. Et puis un soir, alors qu’elle faisait ses devoirs à la maison, elle sentit une douleur aigue au pied droit. Baissant les yeux, elle vit que le serpent l’avait mordue.
« Tu es venimeux ! s’écria-t-elle. Je vais mourir aussitôt ! »
Le serpent ne dit rien.
« Comment as-tu pu me faire ça ? Je t’ai sauvé la vie !
– Ce jour-là, quand tu t’es baissée pour me sauver, tu savais que j’étais un serpent, non ? »
Et, lentement, il sortit en rampant.

L’ennemi intérieur

Un berger vit un homme assis au bord d’une route, apparemment dans une complète désolation.
« Qu’est-ce qui vous préoccupe ? s’enquit-il.
– Mon frère, il n’y a rien d’intéressant dans ma vie. J’ai assez d’argent pour ne pas avoir besoin de travailler, et je voyageais pour voir s’il y avait quelque curiosité dans le monde. Mais tous les gens que j’ai rencontrés n’ont rien de nouveau à me dire, et ils ne parviennent qu’à accroître mon ennui.
« Enfin, je peux affirmer sans crainte que, malgré tout ce que j’ai fait, je n’ai pas trouvé la paix que je cherchais. Je suis devenu mon pire ennemi. »
Immédiatement, le berger s’empara de la valise de l’homme et se mit à courir sur la route. Comme il connaissait la région, il réussit rapidement à mettre une distance entre eux, prenant des raccourcis dans les champs et les collines.
Quand la distance entre eux fut suffisante, il replaça la valise au milieu de la route par où le voyageur allait passer, et il se cacha derrière un rocher. Une demi-heure plus tard, l’homme apparut, se sentant plus misérable que jamais, à cause du voleur qu’il avait rencontré.
Dès qu’il vit la valise, il se précipita dessus et l’ouvrit, essoufflé. Voyant que son contenu était intact, il leva les yeux vers le ciel, tout joyeux, et remercia le Seigneur d’être en vie.
« Certaines personnes comprennent le goût du bonheur seulement quand elles peuvent le perdre », pensa le berger en regardant la scène"

mercredi 23 décembre 2009

Noel


Une histoire de Noël

Une vieille légende bien connue dont l’origine est invérifiable raconte qu’une semaine avant Noël l’archange Michel demanda à ses anges d’aller visiter la Terre ; il désirait savoir si tout était prêt pour la célébration de la naissance de Jésus-Christ. Il les envoya deux par deux,toujours un vieil ange avec un plus jeune, de manière à sefaire une opinion plus complète de ce qui se passait dans la Chrétienté.

L’un de ces duos fut désigné pour le Brésil, et ils arrivèrent tard le soir. Comme ils n’avaient nulle part où dormir, ils demandèrent abri dans une des grandes demeuresque l’on peut voir dans certains endroits à Rio de Janeiro.Le maître de maison, un noble au bord de la faillite (ce qui, soit dit en passant, arrive à beaucoup de gens qui habitent cette ville), était un catholique fervent,et il reconnut tout de suite les envoyés du Ciel aux auréoles dorées qui surmontaient leur tête.

Mais il était très occupé,il préparait une grande fête pour célébrer Noël et il ne voulait pas défaire la décoration presque terminée : il les pria d’aller dormir dans la cave. Bien que les cartes de voeux soient toujoursillustrées d’une chute de neige, au Brésil la date tombe enplein été ; là où les anges furent envoyés, il faisait une chaleur terrible, et l’air, chargé d’humidité, était quasi irrespirable. Ils se couchèrent sur un sol dur, mais avant de commencer ses prières, le vieil ange remarqua une fente dans le mur.

Il se leva, la répara en se servant de ses pouvoirs divins, et retourna à sa prière nocturne. Ils passèrent unenuit d’enfer, tellement il faisait chaud. Ils dormirent très mal, mais ils devaient accomplir la mission que Dieu leur avait confiée. Le lendemain, ils parcoururent la grande ville – avec ses douze millions d’habitants, ses plages et ses montagnes, ses contrastes, ses beaux paysages et ses recoins horribles. Ils remplirent des rapports, et quand la nuit tomba de nouveau, ils entreprirent de se rendre dans l’intérieur du pays.

Mais,trompés par le décalage horaire, ils se trouvèrent de nouveau sans lieu où dormir.Ils frappèrent à la porte d’une humble maison, oùun couple vint les accueillir. Comme ils n’avaient pas accès aux gravures médiévales qui représentaient les messagers de Dieu, ils ne reconnurent pas les deux pèlerins – mais s’ils avaient besoin d’un abri, la maison était à eux. Ils préparèrent un dîner, présentèrent le petit nouveau-né et offrirent leur propre chambre, s’excusant parce qu’ils étaient pauvres, il faisait très chaud, mais ils n’avaient pas d’argent pour acheter un appareil d’air conditionné.Quand les pèlerins se réveillèrent le joursuivant, ils trouvèrent le couple en larmes. Leur seule possession, une vache qui donnait du lait, du fromage et de quoi nourrir la famille, avait été retrouvée morte dans le champ. Ils prirent congé des visiteurs, honteux de ne pouvoir préparer un petit déjeuner.

Tandis qu’ils marchaient sur la route de terre, le jeune ange manifesta sa révolte :« Je ne peux pas comprendre cette manière d’agir ! Le premier homme avait tout ce dont il avait besoin,et pourtant tu l’as aidé. Quant à ce pauvre couple qui nous a si bien reçus, tu n’as rien fait pour soulager sa souffrance !– Les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent, dit le vieil ange. Quand nous étions dans cette horrible cave, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup d’or emmagasiné dans le mur de cette grande maison, laissé là par un ancien propriétaire. La fente laissait voir une partie du trésor, et j’ai décidé de le cacher de nouveau, parce que le maître de maison ne savait pas aider ceux qui en avaient besoin.« Hier, pendant que nous dormions dans le lit que le couple nous avait offert, j’ai noté qu’un troisième invité était arrivé : l’ange de la mort. Il était envoyé pour emmener l’enfant, mais comme je le connais depuis des années,je l’ai convaincu de prendre la vie de la vache à sa place.« Souviens-toi du jour que l’on se prépare à fêter.

Comme les gens accordent beaucoup de valeur à l’apparence, personne n’a voulu recevoir Marie. Mais les bergers l’ont accueillie, et pour cette raison, ils ont eu la grâce d’être les premiers à contempler le sourire du Sauveur du Monde. »

mardi 6 janvier 2009

La Fée


La commune de Gratot, dans le département de la Manche, abrite un château construit au XIIIème siècle. Cette demeure dont la sauvegarde, aujourd’hui terminée, a été entreprise en 1968 par une équipe de passionnés fut pendant sept siècles la propriété de la famille d’Argouges.

L’histoire dit qu’un jour, un des seigneurs de Gratot se perdit dans la forêt lors d’une chasse au loup. Il rencontra une jeune fille extraordinairement belle. Celle-ci lui indiqua son chemin avant de disparaître. Les jours suivants, le seigneur retourna dans la forêt dans l’espoir de la retrouver. Sa persévérance fut récompensée, si bien que l’amour finit par habiter leurs deux cœurs. Notre fée, puisque c’en était une, accepta d’épouser le châtelain mais celui-ci dut consentir, sur l’honneur, à ne jamais prononcer le mot "mort". Le seigneur jurant qu’il ne sortirait plus de sa bouche, le mariage put être célébré.
Pendant dix ans, ils vécurent heureux dans leur château jusqu’au jour où, alors qu’ils devaient assister à un tournoi, le seigneur attendait son épouse qui s’apprêtait. L’impatience le gagnant, il s’emporta :
"Belle Dame, vous êtes si longue à vos besognes que seriez bonne à aller quérir la MORT".
Le mot maudit à peine prononcé, la fée poussa un cri déchirant et bascula par l’une des fenêtres, pour disparaître dans les douves du château. Aujourd’hui encore, on peut voir l’empreinte que son pied a laissé sur le rebord de la fenêtre. A ce qu’on dit, les soirs de tempêtes, on peut l’entendre, dans les ruines du château, poussant un cri déchirant : "La mort, la mort..."
On notera que cette légende est également racontée à propos du château de Rânes près d’Argentan dans le département de l’Orne, ainsi que d’un autre situé près de Bayeux ; ces propriétés ayant toutes deux appartenu à la famille d’Argouges.

mercredi 11 juin 2008

Conte


L’arbre qui voulait rester nu.

Il était une fois un arbre. Au beau milieu d’un verger, il était sorti de terre, petite pousse verte et fragile se confondant avec les herbes alentours. Curieux de tout, il regarda bien vite le monde qui l’entourait, les fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir, les oiseaux qui sifflaient en sautant de branche en branche, le paysan qui venait tôt le matin cueillir les fruits des arbres, les graminées qui ondulaient sous la caresse des vents...
Ah !, il le trouvait beau ce monde autour de lui, il avait envie lui aussi de participer à cette beauté, de trouver sa place dans cette harmonie.
Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés.
Il les trouvait si grands, si beaux recouverts de leurs feuilles et de leurs fleurs ; il fût si émerveillé de voir toutes ces fleurs se transformer en fruits, il fût si attendri des soins attentifs que leur apportait le paysan, mais...
Mais, se regardant, il s’aperçut que son écorce ne ressemblait à aucune de celles qui les habillait, que ses branches n’avaient pas la même forme que les leurs. Alors, il eût peur, peur de n’être pas assez grand, peur de n’être pas assez beau, peur de ne pas porter assez de fruits, il eût peur que les autres, pommiers, poiriers, mirabelliers... n’acceptent pas sa différence et il décida de ne produire ni feuille, ni fleur, ni fruit.
C’est ainsi que les années passèrent, à chaque printemps, son tronc s’épaississait, s’allongeait, de nouvelles branches poussaient, mais... ni feuille, ni fleur, ni fruit.
Pour ne pas se trouver nu face aux autres, il s’était depuis son jeune âge laissé peu à peu recouvrir par un lierre grimpant, par des liserons et par des bouquets de gui : ne sachant à quoi il pourrait ressembler, il se couvrait d’une beauté qui n’était pas la sienne.
Le jardinier plus d’une fois projeta de le couper pour en faire du bois de chauffage, mais trop occupé par ailleurs, il remit chaque fois cette tâche à plus tard. Un matin pourtant il vint, armé d’une grande hache et commença par couper le lierre qui enserrait l’arbre. Du lierre, il y en avait tellement que cela lui prit toute la journée et qu’une fois de plus, il remit l’abattage à plus tard. Cette nuit là, un petit ver parasite piqua le liseron qui en mourut aussitôt et le lendemain, les oiseaux du ciel apercevant le gui vinrent le picorer.
Il ne restait plus de l’arbre au milieu du verger qu’un tronc et des branches : il ne restait plus que l’arbre au milieu du verger.
S’apercevant soudain de sa nudité et ne sachant par quel artifice la couvrir, il se décida enfin à laisser pousser tout au long de ses branches de belles petites feuilles d’un vert tendre, à laisser éclore au bout de chaque rameau de mignonnes petites fleurs blanches contrastant joliment avec le brun de la ramure et le vert du feuillage
Le paysan sur ces entrefaites revint avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique cerisier, ne trouva plus aucune raison de le couper. Il le laissa donc, trop heureux du miracle qui s’était produit.
Depuis ce jour, l’arbre vit heureux au milieu du verger, il n’est pas comme les autres, ni plus beau, ni plus grand, mais tout aussi utile. Il a compris que ni la texture de l’écorce, ni le tracé des branches, ni la forme des feuilles, ni la couleur des fleurs n’ont d’importance : seuls importent les fruits qu’il porte et que nul autre que lui ne peut porter.
Aussi, tous les ans, à la belle saison, les enfants du paysan viennent avec une échelle et, s’éparpillant dans sa ramure, se gavent de ses fruits et le réjouissent par leurs rires.
N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car nul autre ne pourra les porter pour nous, mais chacun pourra s’en nourrir.

" N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter.Car chaque fois que nous les refuserons, il manquera quelque-chose dans le monde ; n’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car chacun d’eux permettra de faire grandir la Vie et l’Amour que Dieu nous a donnés."

lundi 17 mars 2008

Conte Peul

Pourquoi y a-t-il tant d’idiots de par le monde ?
Conte Peul
Autrefois, il y avait beaucoup moins d’idiots qu’aujourd’hui. Quand il s’en trouvait un quelque part, aussitôt on le chassait du village. Aujourd’hui, par contre, il faudrait chasser la moitié du village et encore, cela ne suffirait pas. Mais comment se fait-il qu’il y en ait tant ? Voici comment les choses se passèrent : Un jour, trois idiots qu’on avait chassés pour leur bêtise se retrouvèrent à une croisée de chemins et se dirent : " Peut-être arriverons-nous à quelque chose d’utile en réunissant l’intelligence de trois têtes stupides. Et ils poursuivirent leur chemin ensemble. Peu de temps après, ils arrivèrent devant une cabane d’où sortit un vieil homme. " Où allez-vous ? " demanda celui-ci. Les idiots haussèrent les épaules : " Là où nous porteront nos jambes. On nous a chassés de chez nous pour notre bêtise. " Le vieux répliqua : " Alors, entrez. Je vais vous mettre à l’épreuve. " Il avait trois filles tout aussi bêtes et se montrait donc compréhensif. Le lendemain, il demanda au premier idiot : " Va à la pêche ! " Et au deuxième : " Va dans les fourrés et tresse des cordes ! " Puis au troisième : " Et toi, apporte-moi des noix de coco ! " Les idiots prirent un carrelet, une hache et un bâton et se mirent en route. Le premier s’arrêta au bord d’une mare et se mit à pêcher. Quand son carrelet fut plein, il eut tout d’un coup soif. Il rejeta tout le poisson dans l’eau et rentra boire à la maison. Le vieux lui demanda : " Où sont les poissons ? " " Je les ai rejetés à l’eau. La soif m’a pris et j’ai dû vite rentrer pour me désaltérer. " Le vieux se fâcha : " Et tu ne pouvais pas boire à la mare ? " " Tiens, je n’y ai pas pensé. " Pendant ce temps, le second idiot avait tressé un tas de cordes et se préparait à rentrer. Il s’aperçut qu’il n’avait pas de corde pour les attacher. Alors, il courut en chercher à la maison. Et le vieil homme se fâcha encore : " Et pourquoi n’as-tu pas attaché ton tas avec l’une des cordes ? " " Tiens, je n’y ai pas pensé. " Le troisième idiot grimpa sur un cocotier et montra les noix de coco à son bâton : " Tu vas jeter par terre ces noix, compris ? " Il descendit et commença à lancer le bâton sur le cocotier, mais il ne fit tomber aucune noix. Lui aussi rentra à la maison bredouille et une fois de plus, le vieux se fâcha : " Puisque tu étais sur le cocotier, pourquoi n’as-tu pas cueilli les noix à la main ? " " Tiens, je n’y ai pas pensé. " Le vieux comprit qu’il n’arriverait à rien avec les trois sots. Il leur donna ses trois filles pour femmes et les chassa tous. Les idiots et leurs femmes construisirent une cabane et vécurent tant bien que mal. Ils eurent des enfants aussi bêtes qu’eux, les cabanes se multiplièrent et les idiots se répandirent dans le monde entier.